Surmonter ses peurs en voyage

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La peur : nom féminin désignant une émotion qui accompagne la prise de conscience d'un danger ou d'une menace.


Moi, je n’aime pas avoir peur. Malgré que je semble forte et courageuse, ce n’est pas tout à fait le cas. Je n’écoute pas de films d’horreur, je respecte les lois et je suis boderline pissou.

J’ai le vertige, peur de me blesser, je suis terrorisée à l’idée de mourir et je déteste ne pas savoir ce que mes pieds touchent au fond de l’eau. 

Mon voyage à Hawaï m’aura permis de découvrir beaucoup de choses sur moi, mais la plus importante (selon moi) est que j’ai appris à surmonter mes craintes, à combattre les peurs que je m’étais créées à l’intérieur de moi-même.

Première journée à Oahu, on décide d’y aller avec la hike la plus difficile du pays.

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Direction Olomana Trail : une randonnée en montagne de 6.5 KM où il faut atteindre le sommet qui se trouve à 1784 pieds. Ça l’air de rien comme ça, mais je vous jure que c’était assez intense. Laissez-moi vous raconter... 

J’avais mal dormi la veille, je me sentais molle, sans énergie, j’avais honnêtement zéro envie d’enfiler mes bottes de randonnée. Mais bon. Camille, you gotta do what you gotta do. J’avais pas ben ben le choix, je devais suivre ma crew. Je n’allais quand même pas rester à la maison.

Ça ne faisait même pas 10 minutes qu’on avait commencé notre montée, que j’avais déjà une grosse boule dans la gorge. Je sentais une masse dans mon cou, comme quand tu as vraiment envie de pleurer, mais que tu te retiens depuis trop longtemps. J’ai paniqué, et commencé à perdre mon souffle. Je ne savais pas si c’était parce que je faisais de l’hyperventilation ou si c’était à cause de l’altitude... Je me suis arrêtée un instant, Guillaume m’a demandé si tout allait bien, et pouf, je me suis mise à pleurer comme un bébé. Je ne savais pas trop pourquoi je pleurais, mais mes larmes coulaient à flot. On s’est arrêtés deux minutes, le temps de me calmer et de reprendre mon souffle.

Je ne comprenais pas pourquoi j’avais éclaté en sanglots. C’était plus fort que moi, je crois simplement que j’avais peur. Peur de ne pas être capable de suivre la gang dans cette aventure. Peur de me faire mal. Peur de mourir, criss! En lisant des blogs, j’ai appris que 3 personnes sont décédées pendant la montée. Just saying. 

Pendant l’ascension vers le sommet, on a du faire de l’escalade, monter des roches avec des cordes, puis les redescendre en rappel, marcher sur une trail d’environ 3 pouces de large entre deux ravins. Si je perds pied, je tombe..... pis je meurs. Fallait donc que je sois hyper focus, concentrée, confiante. C’était tout un exercice mental, je vous en passe un papier. 

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Heureusement, j’ai la chance de faire ce voyage avec trois gars incroyables. PO, c’est le gars positif, comique et qui rend chaque situation amusante. Y’a jamais de stress avec PO. Y’a Frenk, alias “le monkey”, il n’a pas froid aux yeux et est toujours prêt à prendre des risques. C’est le téméraire du groupe, y’a peur de rien. Et , y’a mon Guillaume, toujours derrière moi à m'encourager à avancer step by step, tout au long. Il ne m’a pas lâchée jusqu’en haut, faut dire que c’est vraiment le meilleur : mon meilleur. Chacun d’entre eux ne le savent peut-être pas, mais ils m’ont aidé à me calmer et à pousser mes limites, à croire en mes capacités et à cesser de me sous-estimer. 

C’est fou à quel point connecter avec la nature me permet d’en apprendre sur moi. Toute ma vie je croyais bien me connaître, mais j’avais tout faux. Au fond, je suis une grande sensible, une peureuse, une vraie poupée de porcelaine qui craint de se casser en mille miettes. J’ai appris à me faire confiance, parce que chaque pas était le mien. Personne ne peut m’emmener au sommet, c’est moi, et uniquement moi, qui doit travailler pour l’atteindre. Je suis sortie de ma zone de confort, j’ai poussé mes limites à en pleurer, mais le sentiment de fierté à la ligne d’arrivée est tout simplement indescriptible. C’est une émotion qui ne s’invente pas. C’est comme un frisson qui me traverse le corps et qui me félicite d’avoir accompli quelque chose de nouveau, de plus grand que nature. 

C’est ça voyager ; se redécouvrir dans l’inconnu. 

Merci à mes trois boys qui ne m’ont pas jugé et m’ont permis de surgir le meilleur de moi-même. C’est vraiment grâce à eux, si je n’ai pas rebroussé chemin dès le premier kilomètre. Je suis reconnaissante (à tous les jours) d’avoir des gens aussi formidables à mes côtés. 

Cam,

Bottes de randonnée VASQUE + sac à dos OSPREY.
Fièrement équipée par SAIL. 

Révision par @naofortin